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Legio patria ou cosa nostra ? : réaction d’un légionnaire

Article publié le 6 septembre 2006

Adhérent de l’association depuis quelques années, ancien légionnaire, je dois vous dire que votre exposé sur le service à titre étranger est injuste envers l’institution. Il faut rappeler à nos lecteurs que la Légion est une formation militaire dont l’organisation repose avant tout, sur la confiance que le légionnaire accorde envers son chef et réciproquement. […]

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Adhérent de l’association depuis quelques années, ancien légionnaire, je dois vous dire que votre exposé sur le service à titre étranger est injuste envers l’institution.

Il faut rappeler à nos lecteurs que la Légion est une formation militaire dont l’organisation repose avant tout, sur la confiance que le légionnaire accorde envers son chef et réciproquement.

Naturellement, cette définition peut paraître surannée, mais elle a le mérite d’être le reflet d’une réalité que j’ai bien connue.

Comme dans toute organisation, tout n’est pas parfait et j’en témoigne à titre personnel pour avoir eu à franchir les obstacles administratifs contraignants du statut de Légionnaire servant sous anonymat.

Deux recours administratifs devant la commission des recours des militaires entre 2001 et 2003 dont un en étant sous statut d’anonymat ne m’ont pas empêché de quitter le service actif pour partir à la retraite avec mon certificat de bonne conduite , tout en étant bien noté par mes chefs .

Alors y a t-il des choses à changer dans la Légion étrangère ? Oui certainement, mais alors faisons en sorte que cette réflexion de fond soit confiée à un collège d’experts composé d’Officiers supérieurs issus pour moitié du rang et ayant servi à titre étranger, de grands anciens et de jeunes retraités ayant servi sous le képi blanc.

Pour avoir servi dans différents régiments du régime général 1 RCP / 3°RPIMA / 2°RPIMA, je peux vous dire qu’à titre étranger, la différence est de taille.

Au 2°REP par exemple l’appel compagnie est rendu toute l’année, le matin 6h00 et le soir à 22 heures, tous les jours de la semaine même le samedi et le dimanche par le Caporal de jour de chaque section.

Les hommes qui ne sont pas détenteurs d’un petit titre de permission sont présents au pied du lit lors du contrôle des effectifs par le Sergent de semaine.

Ceux qui sont en permission sont obligatoirement sur Calvi pour pouvoir être mis en alerte par la Police Militaire du régiment en cas d’événements.

Il s’agit du seul Régiment d’intervention immédiate de toute l’armée Française.

D’ailleurs pourquoi n’y en a-t-il qu’un seul ???

Au cours des 50 dernières années, la Légion a toujours assuré la mutation de ses règlements en fonction de l’évolution de la société, tout en prenant soin de ne pas compromettre la cohésion de la troupe.

N’oublions jamais qu’un Coréen, un Chinois … n’apprendra jamais le français si à 18 h ses camarades francophones quittent en vitesse la caserne pour rejoindre leurs appartements et leurs copines en ville.

Cela précisément s’appelle de l’individualisme et ce n’est pas l’esprit de la Légion étrangère.

Pour vivre ainsi son engagement, il est bien évident que le régime général convient beaucoup mieux à celui qui aspire vivre  » sa vie « .

Pour vivre une véritable expérience militaire dans tous les sens du terme, la Légion offre à ses hommes une incroyable force, celle de la cohésion et de l’esprit de corps.

Les abus d’autorité existent comme partout, ils doivent être dénoncés et sanctionnés (l’ADEFDROMIL Y VEILLE) mais attention aux petits malins qui instrumentalisent le débat en discréditant gratuitement l’institution.

Ma conclusion est simple, personne ne force quiconque à s’engager à titre étranger, ceux qui le décident ont donc forcément une bonne raison et savent de surcroît à quoi s’attendre essayons de nous en souvenir à l’ADEFDROMIL.

Caporal Willy Bergeyron
matricule 187585

NOTE DE L’ADEFDROMIL

Cher adhérent.

Merci de votre réaction que nous mettons en ligne. Elle témoigne de votre esprit de corps légendaire.

Nous savons aussi que la Légion est un creuset d’intégration dans la nation française et que beaucoup de légionnaires viennent et reviennent de loin. Jacques BESSY ne critique pas la disponibilité considérable qui est demandée et exigée aussi bien des légionnaires que des cadres et les règles de fonctionnement internes (appels, etc.).

Il reste qu’il est anormal que le statut légionnaire ait été pris sans concertation puisque celle-ci n’est pas prévue à la Légion. Nous notons que vous même la souhaitez ce qui démontre qu’il y a là un manque. Il nous paraît anormal qu’on veuille supprimer la possibilité de recourir à un avocat pour les affaires disciplinaires les plus importantes. C’est un retour en arrière.

Que la Légion délivre ou non des certificats de bonne conduite, pas de problèmes (sous réserve qu’on puisse tout de même contrôler). Ce qui est là encore anormal, c’est que cette délivrance puisse pour les étrangers originaires d’un pays hors UE, donner droit à un titre de séjour. Ce certificat de bonne conduite doit être un élément parmi d’autres à prendre en considération. Sinon, la non délivrance du certificat est un signal lancé aux autorités pour refuser le titre de séjour (C’est pratiquement un certificat de mauvaise conduite).

Par ailleurs, vous pensez bien que l’auteur de l’article incriminé n’a pas écrit ses propos au hasard, mais sur la base d’informations provenant du corps lui même.

Soyez sûr par ailleurs que nous avons beaucoup d’admiration pour la Légion et encore plus de respect pour ses morts.

La rédaction

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