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Alerte rouge sur la BA 128 à METZ

Article publié le 24 septembre 2006

C’est un scoop : Buck Danny, détaché de l’USAF, Tanguy et Laverdure en service sur la BA 128 viennent de rejoindre l’Adefdromil. Ils ne craignent pas que leurs noms soient divulgués, car ce sont de vrais chevaliers du ciel qui combattent l’injustice. Ces trois aviateurs sympathiques avaient été choqués du traitement différencié, appliqué par le […]

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C’est un scoop : Buck Danny, détaché de l’USAF, Tanguy et Laverdure en service sur la BA 128 viennent de rejoindre l’Adefdromil. Ils ne craignent pas que leurs noms soient divulgués, car ce sont de vrais chevaliers du ciel qui combattent l’injustice.

Ces trois aviateurs sympathiques avaient été choqués du traitement différencié, appliqué par le commandement de leur base à quelques mois d’intervalle, lors du décès d’abord d’un jeune sous-officier en juin 2006, puis lors de celui d’un officier supérieur en septembre.

Dans le premier cas, ses camarades et membres de son unité ont eu toutes les peines pour pouvoir assister aux obsèques en région Toulousaine (limitation des places, réticence du commandement, etc.). Le plus haut responsable de la base aérienne 128 assistant à cette cérémonie toute simple a été son chef de division, du grade de capitaine .Le commandement de la base n’était pas représenté.

Dans le second cas, l’officier supérieur, membre de l’Etat-major de la force aérienne de combat (FAC) a eu droit aux honneurs militaires et certains militaires qui s’étaient vus interdire la participation aux obsèques du premier (leur camarade) se sont retrouvés désigner pour rendre les honneurs au second… Pourtant, on ne meurt qu’une fois !

L’Adefdromil a trouvé que ce traitement différencié sans raison claire était peu digne. C’est pourquoi, elle a publié l’information envoyée par nos héros en s’en tenant aux faits.

Mais, le colon n’a pas apprécié l’air de la base – comme dirait un journal satyrique paraissant le mercredi – .Et il a aussitôt déclanché l’alerte rouge, celle qu’on réserve aux espions, traîtres et terroristes infiltrés qui peuvent à tout moment faire sauter les Mirages et autres Rafales alors qu’on en a déjà si peu.

Ainsi, lors d’un rapport, il aurait lancé des menaces de poursuite en diffamation.

L’appareil du renseignement militaire aurait été activé pour trouver l’auteur de cet article.

La DICOD participerait aussi à cette recherche ?

Enfin, l’interdiction d’adhésion aux groupements professionnels a été rappelée à l’ensemble du personnel.
De même, il a été précisé qu’il est interdit (streng verboten) de consulter le site Internet de l’Adefdromil … sans doute depuis les ordinateurs militaires ? – sauf celui du colonel et du correspondant de la DPSD ?

Bref, la chasse aux sorcières est lancée…

L’Adefdromil toujours soucieuse d’apporter son aide au commandement en lui procurant une information exacte et de première main souhaite préciser les points suivants :

S’agissant de la diffamation, les faits rapportés sont exacts et la bonne foi de l’Adefdromil est évidemment totale. Un procès en diffamation serait une excellente publicité. Nos avocats sont prêts. Le fait qu’on active l’appareil du renseignement militaire pour identifier ceux qui nous ont transmis l’information nous semble grave. Il n’y a que dans les états totalitaires et les dictatures qu’on essaye de faire taire ceux qui disent la vérité, qu’on fiche ceux qui cherchent à défendre leurs droits. Il y a d’ailleurs une très belle chanson de Guy Béart sur ce thème… S’agissant de l’interdiction d’adhésion aux « groupements professionnels », il faut rappeler ici que cette interdiction figurant dans la loi de 2005 est anticonstitutionnelle et contraire à divers engagements internationaux de la France. Pour s’en convaincre, il suffit de lire un article paru dans la Revue de Droit Public N°4 de 2003 « Vers le droit syndical des personnels militaires ? » de Mme Marie Dominique Charlier Dagras, docteur en droit public, enseignante à l’IEP de Toulouse ainsi qu’un article paru en 2005 sur « La liberté syndicale des personnels militaires » de M. Léon Christian, chargé de cours de droit public à l’université de Bretagne Sud. Nous ne pouvons qu’en recommander la lecture et l’étude au collège interarmées de défense et dans les écoles de formation d’officiers de l’armée française et puis aussi à l’ensemble des militaires servant sous l’uniforme pour qu’ils prennent conscience du problème.

A ce jour, d’ailleurs, aucun membre de l’association, militaire d’active, n’a été sanctionné pour avoir adhéré à l’Adefdromil. Il fait peu de doute que de telles sanctions seraient soumises au contrôle du juge administratif avec le risque d’officialiser plus rapidement que prévu l’existence d’associations professionnelles de militaires comme dans d’autres pays européens.

A cet égard, le rôle du pouvoir politique est de préparer dès à présent le commandement à cette évolution importante dans le mode de fonctionnement et de gestion des personnels militaires. L’Adefdromil est prête à l’y aider.

In fine, nous suggérons au colonel, commandant la BA 128, de mettre fin à l’alerte rouge sur la base qu’il commande. L’ambiance de travail y gagnera. A titre exceptionnel, nous l’autorisons à priver de dessert Tanguy, Laverdure et Buck Danny au prochain repas de cohésion.

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