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De la logique statutaire à la logique égalitaire

Article publié le 14 janvier 2007

Les exigences nouvelles émanant d’une évolution contextuelle, notamment consacrée par la LOLF, amènent la Direction des Personnels Militaires de l’Armée de Terre (DPMAT) à stimuler une recherche de performance en terme de gestion des ressources humaines. Mais ce dessein risque de demeurer assez hypothétique puisque toute logique de résultat se heurtera à une double logique […]

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Les exigences nouvelles émanant d’une évolution contextuelle, notamment consacrée par la LOLF, amènent la Direction des Personnels Militaires de l’Armée de Terre (DPMAT) à stimuler une recherche de performance en terme de gestion des ressources humaines.

Mais ce dessein risque de demeurer assez hypothétique puisque toute logique de résultat se heurtera à une double logique de statuts et de castes.

Malgré l’évolution du système de notation, les officiers ne sont pas uniquement notés, gérés voire décorés selon leur performance annuelle et leurs qualités intrinsèques mais aussi et surtout selon des considérations biaisées, telles que leur origine de recrutement. Il y a alors, les officiers issus des grandes Ecoles et … les autres.

Une telle discrimination statutaire n’est pas compatible avec un objectif de gestion cohérente des ressources humaines, en raison d’une inégalité de traitement qui se fonde plus sur des éléments indépendants du mérite, que sur des écarts de performance relative entre officiers.

Le niveau de responsabilité des postes proposés et les affectations dans les unités sont davantage liés aux résultats observés par les prismes biaisés de la notation et de l’avancement qu’aux réelles compétences et qualités.

Ainsi, selon son statut, un officier peut être cantonné à des postes de second rang et à un avancement bridé en dépit de ses compétences et performances réelles.

D’emblée, l’idée de rémunération au mérite voit alors sa pertinence tempérée par cette aberration.

Au final, les inégalités se jouant du mérite érodent la motivation, tout en renforçant le poids des « castes corporatistes ».

En définitive, affirmer sans le démontrer que l’armée de terre a su moderniser le management des ressources humaines par les compétences et par les performances traduit certaines lacunes dans la connaissance des officiers de l’armée de terre.

En réalité, le pilotage des leviers humains, orienté vers les résultats et compétences, devrait s’attacher à susciter l’implication et l’émulation par une abolition des préjugés pesant sur la concurrence déloyale entre statuts, corps, castes et autres critères moyenâgeux.

PP BONVIN

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