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Les gendarmes et les autres …

Article publié le 10 février 2002

Gérard DUCREY est Fondateur du Cabinet DUCREY, Avocats (75 014), chargé de cours à la Sorbonne, ancien auditeur à l’Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale (IHEDN), spécialisé dans le droit des militaires et la défense des libertés publiques et individuelles. « La rue appartient à ceux qui y descendent ». C’est le majeur principe […]

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Gérard DUCREY est Fondateur du Cabinet DUCREY, Avocats (75 014), chargé de cours à la Sorbonne, ancien auditeur à l’Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale (IHEDN), spécialisé dans le droit des militaires et la défense des libertés publiques et individuelles.

« La rue appartient à ceux qui y descendent ».

C’est le majeur principe qui guide l’action du gouvernement. La démonstration de force, dans le strict respect de la légalité, a un curieux effet : elle rend possible ce qui ne l’était pas quelques jours avant. Les gendarmes poussés depuis des lustres dans leurs retranchements à force de n’être pas entendus, de n’être pas même écoutés, de n’être pas considérés, ont fini par descendre dans la rue. Fait inimaginable, mais lorsque la douleur est intense, on ose ce qui n’est pas naturel.

Et le gouvernement qui a envoyé les C.R.S. pour canaliser la grande manifestation de décembre y avait aussi envoyé les RG pour noter le nom des C.R.S. susceptibles de « fraterniser ». Mais Décembre 2001 n’est pas le prélude d’une nouvelle révolution, et si les gouvernants le croient alors c’est que ce sont d’absolus autocrates. Au delà de ce petit fichier dérisoire, le gouvernement après cette manifestation historique a promis des fonds. Mais l’argent ne règle pas tout et de plus, l’argent tarde à venir.

Pire, il paraît que les fonds alloués aux gendarmes seront pris sur le budget général du ministère de la défense. Le gouvernement veut donc mieux habiller les gendarmes en dépouillant les autres armes. Dans le même esprit, nos valeureux légionnaires qui ont pris part à la guerre du Golfe et nos exemplaires marsouins envoyés en Afghanistan ont dû se payer sur leur maigre solde une partie de l’équipement élémentaire.

Mon père, mobilisé en 1939, avait pour tout équipement un fusil, cinq cartouches et des chaussures similaires à celles de Charlie Chaplin. Il a du emporter de chez lui le reste de son équipement. Cela pouvait se concevoir en 1939 mais aujourd’hui, à l’époque de la professionnalisation des Armées et de la haute technicité des personnels engagés, est-ce tolérable ?

J’ai appris que le ministère de la défense subventionnait grassement des associations civiles sans lien évident avec l’institution. Il est urgent que les errements du ministère cessent et qu’au lieu de dilapider des fonds, le militaire soit considéré par le ministre à la place qui lui revient naturellement : la première.

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