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La carrière dorée des Saint-cyriens dans la gendarmerie

Article publié le 3 avril 2007

Je tenais à donner mon avis de retraité ayant combattu la suprématie sans partage, et surtout discriminatoire, des officiers issus de l’école spéciale militaire de St Cyr (ESM) qui n’ont pas vocation à rejoindre la gendarmerie, celle-ci disposant d’un recrutement universitaire de valeur comparable à ceux des grandes écoles (ENM/ENSP/ENA). Les sujets abordés par l’Adefdromil […]

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Je tenais à donner mon avis de retraité ayant combattu la suprématie sans partage, et surtout discriminatoire, des officiers issus de l’école spéciale militaire de St Cyr (ESM) qui n’ont pas vocation à rejoindre la gendarmerie, celle-ci disposant d’un recrutement universitaire de valeur comparable à ceux des grandes écoles (ENM/ENSP/ENA).

Les sujets abordés par l’Adefdromil dans ce courrier sont bien réels et constatés sur le terrain tant par les gendarmes que par les élus et leurs administrés.

Le PAGRE se voulant être une avancée n’est en fait que la transposition à la Gendarmerie de la réorganisation effectuée dans la police en 2003. Cependant, le MINDEF n’ayant pas d’argent, il a fallu le faire sous enveloppe. Dans la police, même problème mais eux ont supprimé un grand nombre de postes de commissaires (les plus forts indices de rémunération) pour créer des postes d’officiers et mieux asseoir leur pyramide.

Nous, on a, ou plutôt ils ont (les cyrards attachés au statut militaire et pour cause, ce sont eux qui en profitent le plus…) réduit les effectifs de sous-officiers gendarmes (- 4500) pour créer des postes de gradés et majors et, bien sûr, d’officiers. Ainsi, de manière artificielle, ils ont voulu faire croire que tout le monde pourrait terminer sa carrière en accédant au grade de major ou à l’épaulette. Par ailleurs, les possibilités d’accès au grade de colonel se sont réduites et ont été limitées aux plus jeunes…les « saint-cyriens » afin de se réserver l’accession au généralat.

A cet égard, il convient de souligner que les propositions de grilles indiciaires pour la gendarmerie, en augmentation pour les officiers, en stagnation voire en régression pour les sous-officiers, procèdent de la même démarche destinée à mettre en place un corps d’officiers de gendarmerie à deux vitesses en privilégiant encore le recrutement « direct » issu de l’ESM.

En clair, les préoccupations des sous-officiers de gendarmerie n’intéressent les chefs « saint-cyriens » que lorsqu’ils peuvent en tirer un profit particulier par rapport au statut militaire. Dès que les solutions peuvent fragiliser leur suprématie, ils bottent en touche et se retranchent derrière ce statut alors que nos statuts particuliers pourraient évoluer. Il faut voir comment, avec la ministre de la défense en 2002, ils ont réussi en quelques mois à faire maintenir le recrutement à St Cyr (qui devait être supprimé à partir de septembre 2002) pour préserver leur main mise sur la gendarmerie.

En clair, nos chefs ne sont ni militaires (ils n’ont pour la plupart jamais exercé au sein de l’armée de terre qu’ils « friment ») ni gendarme, car ils ne s’intéressent pas aux questions de fond qui concernent notre métier pour lequel ils n’ont aucune considération. Aucun de nos chefs de ce recrutement n’a daigné se spécialiser ou simplement participer à la formation technique aux missions de la gendarmerie…Trop peu pour eux qui sont destinés à accéder le plus rapidement possible aux fonctions de gestionnaire, sans pour autant avoir rassemblé ni les qualités ni l’expérience requises. La gendarmerie constitue un tremplin, une vitrine pour attirer les élèves officiers de l’ESM vers une « carrière » tracée pour eux par avance.

Un général de gendarmerie avait l’habitude d’utiliser cette maxime, comble du cynisme : « Aimer moi tous, mais je n’aimerai que ceux qui me servent. »

Lieutenant-colonel (er) Yves PUJOL

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