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Après la mort étrange d’un militaire, son père est enfin reçu par un juge

Article publié le 15 septembre 2007

(Aujourd’hui en France N° 1934 du 22 mars 2007) « Je reste convaincu que le corps qui se trouve dans le cercueil n’est pas celui de mon fils David. J’ai mené seul mon enquête. Je me heurte à des incompréhensions, des refus d’information, des contradictions. Tout est là-dedans. » Sa valise à la main et […]

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(Aujourd’hui en France N° 1934 du 22 mars 2007)

« Je reste convaincu que le corps qui se trouve dans le cercueil n’est pas celui de mon fils David. J’ai mené seul mon enquête. Je me heurte à des incompréhensions, des refus d’information, des contradictions. Tout est là-dedans. » Sa valise à la main et son épais dossier sous le bras, Michel Bonnargent est prêt. Pour être sûr d’être au rendez-vous que lui a fixé ce matin, à 10 heures, un juge d’instruction de Lorient (Morbihan), il a quitté hier Saint- Fargeau-Ponthierry.

Il sera entendu à la suite de la plainte que son avocat, Me Jean-Claude Martaguet, a déposée avec constitution de partie civile auprès du doyen des juges d’instruction de Lorient et celui de la chambre des affaires maritimes.« C’est une affaire criminelle. Je les ai saisis pour la seconde fois pour altération frauduleuse de la vérité, recel de cadavre de la part de l’armée, de l’entreprise funéraire et du thanatopracteur. »

« Au funérarium, jamais je n’ai vu la dépouille de mon fils. Pourquoi ? »

Depuis dix ans, Michel Bonnargent se bat pour savoir ce qui est arrivé à son fils David, 24 ans, militaire de carrière en stage à l’école des fusiliers marins à Lorient. Il serait décédé lors d’un accident de la route le 28 septembre 1996 à 10h50 sur la nationale 165 entre Kerstran et Brech, lors d’une permission.

« On attend beaucoup de cet entretien, confirme Me Martaguet. Il n’y a jamais eu d’instruction d’ouverte. On espère vraiment que l’on ne nous fait pas venir pour « la forme ». Il faut que la lumière soit faite sur la disparition de David ». Il ajoute : « Les doutes sur l’identité du défunt existent. Ils sont même troublants. Les méthodes d’embaumement sont étranges. Le corps était entouré de bandelettes. Sous celles-ci, on a trouvé au niveau de la tête, un sac-poubelle à l’effigie d’une enseigne de supermarché. Tout cela porte atteinte à l’intégrité du mort. »

Autre étrangeté : « Le corps était nu et totalement broyé ». La règle aurait voulu qu’il soit vêtu de son uniforme militaire. Le père de David veut comprendre : « Au funérarium de Vannes, jamais je n’ai vu la dépouille de mon fils. Pourquoi ? » Il tient dans sa main un document : « C’est l’attestation du médecin qui, le premier s’est rendu sur les lieux de l’accident. Il indique que le visage était visible ». Alors que sur les photos présentées par les gendarmes à la concubine de David, elle ne le reconnaît pas. «L’implantation du cuir chevelu n’est pas la même, les cheveux sont plus longs et plus foncés que ceux de David, qui les avaient fait couper extrêmement courts la semaine de sa disparition. Le visage de David ne comportait aucune anomalie alors que celui du défunt est déformé du côté gauche. »

Ce n’est pas tout : « Son pied gauche est intact alors que, suivant le rapport des gendarmes, il était broyé. » Et comment expliquer aussi les menaces de mort reçues dans l’entourage de Michel Bonnargent, les tests ADN refusés et le dernier message de David ? « L’instructeur s’acharne sur moi, confiait le jeune homme. J’ai un hématome sous les côtes et un arrêt de quatre jours mais il me fait travailler quand même. Je suis libre demain vers 10 heures. Je serai chez toi à 11 heures. ». Il n’est jamais arrivé.

Gisèle Le Guen

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