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Un « ancien » gestionnaire de la DPMAT dans la force de l’âge

Article publié le 24 novembre 2007

N’ayant plus besoin d’écrire sous le sceau de l’anonymat, je me permets, en quelques lignes, de livrer mon sentiment sur le gestionnaire d’administration centrale et plus particulièrement sur celui qui sert à la DPMAT. J’y ai moi-même servi durant quatre ans, de 1996 à 2000. Issu des régiments professionnels de 1986, j’ai vu une armée […]

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N’ayant plus besoin d’écrire sous le sceau de l’anonymat, je me permets, en quelques lignes, de livrer mon sentiment sur le gestionnaire d’administration centrale et plus particulièrement sur celui qui sert à la DPMAT.

J’y ai moi-même servi durant quatre ans, de 1996 à 2000. Issu des régiments professionnels de 1986, j’ai vu une armée de conscription se transformer en armée de métier. J’ai également oeuvré dans le passage d’une gestion par arme à une gestion par domaine de spécialités.

Sur un certain nombre de points, je rejoins totalement l’avis de notre « jeune ancien gestionnaire », notamment :

« Le travail de gestionnaire en administration centrale est passionnant et vous n’avez pas idée du temps passé par les gestionnaires de la DPMAT sur le traitement d’un dossier lorsqu’il s’agit de proposer à la signature du général une proposition de mutation pour un personnel, quelle que soit sa catégorie d’appartenance. Il s’agit de bien autre chose que de la simple exploitation d’une FIDEMUT et d’un avis de chef de corps. »

« Soyez également convaincu que les gestionnaires sont aussi des pères de famille, que leur conjoint travaille également et qu’ils sont nombreux à être célibataires géographiques. La majorité vient des corps de troupe et y retourne à l’issue et ne sont pas coupés de la réalité du terrain. Ils ne travaillent pas dans leur tour d’ivoire sans se soucier des conséquences de chacune des propositions faites à leur autorité. »

Avec mes camarades sous-officiers du bureau matériel (puis soutien), nombreuses furent les journées de 10-12 heures avec pause sandwich le midi. Les bureaux du Fort de Vanves étaient bien souvent illuminés dès 7h00 le matin avec des extinctions au-delà du journal de 20h. Les adjudants (de l’époque) Ro…, Ha…., Mer.. Entre autres se reconnaîtront. La bande de sergents-chefs, d’adjudants et d’adjudants-chefs que nous formions alors, n’avait, qu’une exigence : celle de la qualité. Nous étions à cette époque le bureau gestionnaire le plus en vue au sein de la direction.

Nous étions tous issus du corps de troupe et après un passage de 4 à 6 ans, la plupart d’entre nous y retournaient. Néanmoins, néophytes à notre arrivée sur certaines turpitudes de gestion, nous étions beaucoup plus avisés et aguerris au bout de quelques années et nombreux sont ceux qui ont profité de ce passage à Paris pour s’extirper de l’institution et rejoindre la vie civile par la voie royale qui nous était offerte : la LOI 70/2.

En effet, les scandaleuses mesures de conditionnalat, art 5, 6 et 7 et autres avantages du statut de 1972 n’étaient réservés qu’à une minorité de privilégiés avisés.

Pour revenir sur le fond : je précise qu’une part non négligeable de gestionnaires est effectivement déconnectée de toutes réalités. Bien souvent, ce sont eux qui verrouillent les postes décisionnels. J’ai moi-même côtoyé, voir servi des gestionnaires qui après avoir intégré la DPMAT en qualité de jeune lieutenant ou sergent-chef ont pérennisé leur carrière à Paris pour atteindre les grades de lieutenant-colonel ou colonel.

Je passe les personnages qui alternent mutation outre-mer et retour à la DPMAT/EMAT. Ils ont su traverser les méandres des réorganisations successives en préservant bien souvent leurs propres intérêts particuliers au détriment de tout intérêt collectif et sans avoir la moindre connaissance de la problématique de l’armée de métier d’après 1997.

Je serais curieux de connaître dans l’armée de terre le nombre d’officiers (subalternes, supérieurs et généraux) servant à la DPMAT ou à l’EMAT (par exemple) et qui n’ont à ce jour aucune expérience du corps de troupe au sein d’une armée professionnalisée.

Les officiers carriéristes servant dans ces hautes stratosphères sont bien plus nombreux qu’il n’y paraît. Le corporatisme atteint son paroxysme à l’occasion des commissions d’avancement, de l’établissement du plan annuel de mutation ou de l’attribution de certaines décorations aux couleurs rouge ou bleu. Tout n’est pas aussi « rose » que l’on pourrait le supposer.

Au-delà de la très grande majorité d’actes qui sont rédigés sans la moindre compromission, la plupart d’entre nous ont du à diverses reprises revoir à la demande de la hiérarchie son avis technique pour d’obscures raisons. Tous les domaines sont concernés : avancement, décoration, mutation ou pécule de l’époque.

Que ceux qui tenteraient après cet article de salir ma réputation sachent que j’ai oeuvré pour et au sein du ministère de la défense durant 19 ans, que 7 garnisons ont jalonné mon parcours professionnel et qu’aucune sanction ne m’a jamais été infligée. Je ne suis en rien aigri. Si je devais résigner demain, je le ferais sans aucune hésitation.

Ce dernier paragraphe, simplement parce que mon camarade et très estimé Michel BAVOIL, lorsqu’il a créé cette association a été dénigré à outrance par cette institution. Sa carrière, ses notations tout a été décrié haut et fort afin de salir sa réputation avec des éléments infondés.

Témoignage de l’adjudant-chef (er) Ghislain HUFSCHMITT.

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