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Saint-Cyr et La Grogne (Jacky Mestries)

Article publié le 29 juillet 2011

Il arrive souvent que l’on fasse des reproches à l’équipe de la Grogne ou à ses partenaires, l’Adefdromil et Militaires et Citoyens à propos d’un sectarisme visant les militaires issus de la prestigieuse école militaire Saint-Cyr Coêtquidam.

Je ne vous cache pas que c’est en pensant au Capitaine Thomas Gauvin qui vient de donner sa vie pour son pays,  que je précise un peu les choses.

Avec beaucoup d’humour, un officier général a fait un petit mail à la Grogne, en précisant que s’il était chauve et avait porté le casoar, il ne se reconnaissait pas dans le portrait du « crâne d’œuf emplumé » décrit dans la chronique d’un journaliste de radio. Il s’adressait à la Grogne car nous avions repris cette expression dans l’un de nos articles  ( ici ).

Bien sur les caricatures, si elles ont le mérite incontestable d’appuyer un discours, ont le défaut permanent de la simplification extrême.

Et, à notre tour, nous venons protester contre une simplification à l’extrême de notre pensée, une lecture rapide et superficielle de nos productions et de celles de nos partenaires.

J’invite donc tout ce beau monde à prendre un peu de temps pour regarder dans le fond ce que nous faisons.

Pas plus que nous n’ayons la moindre hostilité pour les officiers de police, malgré les abus verbaux de quelques uns à notre égard, les commissaires de police qui nous regardent d’un œil surpris et réprobateur toujours, nous n’avons aucune animosité pour une catégorie de militaires qui a eu le courage et la chance de poursuivre de longues études dans une école prestigieuse.

Il ne manquerait plus que ça.

Et, personnellement, je suis assez fier lorsque je vois le fils d’un gendarme, élevé comme moi dans la cour d’une brigade ou d’un escadron de gendarmerie, se hisser socialement au travers d’études difficiles. Je pense à ce fils d’un adjudant-chef qui m’a fait entrer en gendarmerie dans les années 70, mais aussi, à celui qui s’est déclaré absolument hostile à ce que nous faisions en matière de droit d’expression des militaires. Oui, il se veut un adversaire, il n’en n’est pas moins quelque part un parent. « On ne choisit pas sa famille » doit-il penser en lisant ces lignes.

C’est tout de même nous faire un peu injure, à l’Adefdromil, à Militaires et Citoyens, à La Grogne que de nous croire capable de sectarisme, de nous renvoyer à une lutte des classes qui n’existe que dans l’esprit des gens qui veulent profiter d’une opposition vigoureuse.

Marin ou amiral, soldat ou général, peu importe dans le mouvement que nous animons. Ils sont bénéficiaires des quelques progrès que nous avons obtenus et trouveront leur vraie place dans l’aboutissement d’un développement raisonnable, structuré, d’un dialogue social sincère bénéficiant en premier à nos armées.

Mais messieurs de Saint-Cyr, admettez tout de même quelques critiques, profitez-en au lieu de vous en offusquer. Je pense au fond vous faire un grand compliment lorsque je prétends que vous n’avez nullement besoin de passe droit, de position privilégiée dans le statut des officiers de Gendarmerie. C’est cela notre pensée, pas autre chose. Il n’y a pas d’hostilité là-dedans, pas plus qu’il y en a en affirmant que Melun doit être hissée au rang de grande école.

Souffrez également que l’on s’en prenne à des officiers généraux de vos rangs lorsque nous sommes persuadés qu’ils ont fait des erreurs de stratégie dans la conduite de notre institution, mais entendez- nous, lorsque nous constatons qu’ils corrigent ces erreurs, lorsque nous écrivons que nous voyons leur travail et devinons leurs nouveaux objectifs. Nous ont-ils entendus ? Peu importe au fond d’où viennent ces changements, l’essentiel est qu’il y ait des changements.

Aidez-nous plutôt, car à la suite du rapport de la Cour des Comptes, qui est venu dire à tout le monde, sinon La Grogne, que la Gendarmerie se distinguait notablement dans le sérieux de sa gestion, son adaptabilité remarquable. Qui prétend aujourd’hui, document en main que votre travail en matière de concertation avance, que votre gestion du personnel progresse ? Nous ne l’avons pas dit assez fort ? Nous y reviendrons alors.

Où voyez-vous le moindre sectarisme là-dedans ? Prenez les compliments, mais ne jetez pas les critiques. Elles vous font avancer, dans tous les cas, bon gré mal gré, j’ai envie de dire.

Nous allons encore nous confronter dans le domaine disciplinaire, sur l’organisation de la commission des recours militaires, mais sachez que les hommes ne sont pas en cause, c’est le système qui est mis sur la sellette.

Il n’est pas possible de terminer sans vous renvoyer à l’un des vôtres, le Général de Division Pierre Deverny et à son intervention du 24 avril 1991 lors d’une journée organisée par Euromil dont vous trouverez le texte sur ce lien. ( Général Deverny )

Source: lagrognegend

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