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Harcèlement sexuel dans la Marine à Metz, le ministre de la Défense alerté (Robert Koch AFP Metz)

Article publié le 3 mai 2012

METZ, 2 mai 2012 (AFP) – Une femme-matelot, s’estimant en butte aux « avances déplacées » de son premier-maître (adjudant), vient de déposer plainte pour harcèlement sexuel et abus d’autorité devant le doyen des juges d’instruction de Metz, a-t-on appris mercredi auprès de son avocate.

   La jeune femme de 26 ans, employée comme secrétaire au centre d’information et de recrutement de la Marine de Metz, a reçu le soutien de l’Association de défense des droits des militaires (Adefdromil), qui a alerté les ministres de la Défense et du Travail, a précisé à l’AFP Me Elodie Maumont, du barreau de Paris.

   La plaignante affirme que, depuis sa prise de fonction en juin 2011, son supérieur hiérarchique lui avait interdit de porter le pantalon d’uniforme au prétexte qu’elle était une femme et que, lors de « joggings », il courait derrière elle pour « profiter du spectacle » et lui taper sur les fesses « parce qu’elle n’allait pas assez vite ».

   Appelée non par son prénom mais « P’tit chat » et « Little minou », la secrétaire affirme qu’elle devait régulièrement redonner à son premier-maître le mot de passe, prétendumment oublié, de son ordinateur (« Bitte de port »), et qu’elle a dû refuser à de nombreuses reprises de se changer dans le bureau de son supérieur après la douche.

   Avant de saisir le juge, la jeune femme, actuellement en arrêt maladie, avait déposé plainte en janvier au parquet de Metz et s’était adressée à l’inspection du Travail.

   « Le parquet n’a pas bougé, ou trop tard, et l’inspecteur du Travail, un ancien militaire, a averti le premier-maître, trahissant le secret professionnel », a commenté Me Maumont.

   Après une enquête de commandement interne, « au cours de laquelle on a tenté de dissuader ma cliente de porter plainte », le sous-officier s’est vu infliger dix jours d’arrêts avec sursis.

   « Une peine symbolique » pour l’Adefdromil qui, dans un communiqué, a demandé à Gérard Longuet de « compléter le statut général des militaires avec des articles explicites, inspirés du statut de la fonction publique, interdisant le harcèlement sexuel et moral dans les armées ».

   L’Adefdromil demande ensuite que « des instructions soient données (…) aux procureurs de la République (…) pour que (…) des poursuites soient engagées contre les auteurs » de tels faits.

   Le Conseil constitutionnel examine actuellement la définition pénale du « harcèlement sexuel » dont des justiciables ont demandé l’abrogation du fait de son imprécision. Saisis par le biais d’une Question prioritaire de constitutionnalité (QPC), les Sages doivent rendre leur décision vendredi.

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