Affichage »« Droits »« Paypal »« Galette »«
Ancien site Association de défense des droits des militaires
-->

Nous, jeunes officiers, sommes inquiets des gaspillages et des coupes budgétaires commis au détriment de la capacité opérationnelle

Article publié le 7 mars 2013

Normalement soumis au devoir de réserve, une dizaine de lieutenants de l’armée française publient, sous couvert d’anonymat, une tribune sur francetv info. Ils interpellent l’opinion publique sur le budget de l’armée et dénoncent sa mauvaise répartition. Voici leur texte : A leurs concitoyens, Marc Bloch, dans L’Etrange Défaite, a dénoncé les dysfonctionnements administratifs de l’armée et l’abandon moral des élites françaises […]

Vous êtes adhérent ou abonné à nos archives ?
Accédez immédiatement à cet article archivé, en vous identifiant ci-dessous :
Vous n'avez pas encore de compte ? Cliquez sur ce lien.
Normalement soumis au devoir de réserve, une dizaine de lieutenants de l’armée française publient, sous couvert d’anonymat, une tribune sur francetv info. Ils interpellent l’opinion publique sur le budget de l’armée et dénoncent sa mauvaise répartition. Voici leur texte :
A leurs concitoyens,

Marc Bloch, dans L’Etrange Défaite, a dénoncé les dysfonctionnements administratifs de l’armée et l’abandon moral des élites françaises des années 1930. Marc Bloch fut aussi un officier exemplaire pendant deux guerres mondiales, et un résistant de la première heure fusillé par les nazis. Nous nous réclamons de lui car il était un vrai soldat et un analyste lucide des travers qui avaient précipité la France dans la défaite.

Nous sommes de jeunes officiers de l’armée française, issus de différents recrutements et appartenant à différents corps. Nous nous sommes tous engagés pour défendre nos compatriotes, les intérêts et les valeurs de la France.

A l’heure où l’on demande à la Patrie des sacrifices financiers pour essayer de ralentir la faillite de l’Etat, à l’heure où l’armée française au Mali, pour la première fois depuis des décennies, défend à la fois les intérêts économiques de la France, les valeurs universelles de notre Patrie, et l’immense majorité de la population d’un Etat contre une minorité alliée à des islamistes étrangers, à l’heure où le monde entier réarme, à l’heure où nos ennemis, dissimulés ou agissant en pleine lumière, menacent la paix d’Etats légitimes, à l’heure où l’armée est professionnelle, performante, respectueuse des conventions internationales et des lois, à cette heure, aujourd’hui, l’armée française est menacée de déclin.

De l’extérieur, des forces étrangères, qui manipulent nos gouvernements, diffusent dans l’opinion française l’idée que l’armée n’est plus nécessaire, que ses effectifs peuvent être réduits, que ses moyens peuvent diminuer, que son matériel et son armement peuvent être désuets.

A l’intérieur, des hommes, des officiers supérieurs et de prétendus « hauts » fonctionnaires bloquent la nécessité d’une réforme juste, nécessaire, qui nuirait aux intérêts de généraux, de colonels et d’énarques, mais qui serait néanmoins salutaire et dont les seuls prémices suffiraient à lancer le signal d’un redressement.

Les faits que nous souhaitons porter à l’attention du peuple sont connus, publics, issus des travaux de la Cour des comptes, du Conseil supérieur à la fonction militaire ou de simples blogs de militaires ou d’anciens militaires. Nous souhaitons que ceux qui, sans bien connaître le fait militaire, ont néanmoins de l’estime pour leur armée, s’intéressent au sort qui lui est fait, et que ceux qui la connaissent apprennent que des lieutenants et des capitaines, n’ayant aucun intérêt financier à se manifester comme nous le faisons, veulent se faire entendre et veulent que le peuple français décide souverainement du comportement que doit adopter l’armée française.

Aujourd’hui dans cette armée, 5 500 généraux qui devraient être à la retraite sont artificiellement maintenus en activité dans un statut appelé la « 2e section ». Dans le même temps, des dizaines de milliers d’emplois de militaires du rang et de sous-officiers sont supprimés.

Aujourd’hui, trop d’officiers sont toujours recrutés, alors que, déjà, des centaines de colonels n’ont pas de commandement. Pour les occuper avant leur retraite (où ils partiront travailler dans le secteur privé, après que leur sera versée une juteuse prime de départ), ces officiers supérieurs sont remisés à des postes administratifs qui deviennent autant d’obstacles bureaucratiques à l’efficacité opérationnelle.

La troupe n’est pas exempte de reproches. Un système très complexe d’indemnités et de fausses contreparties dissimule mal des iniquités qui nuisent au moral des soldats. Le système de solde doit être réformé en profondeur, et simplifié.

Les acteurs privés de la Défense sont essentiellement français. Au lieu d’effacer les dernières traces de notre autonomie industrielle, il faut augmenter le budget de la Défense, et réarmer. Les emplois civils concernés se comptent par milliers. Les répercussions financières, par milliards. Contester cela, c’est contester que Total et Areva n’ont pas d’intérêt à exploiter des gisements de matières premières.
Ce réarmement doit prioritairement concerner l’équipement individuel des soldats. Il ne s’agit pas du programme Félin, qui les alourdit de dizaines de kilos, mais de gilets pare-balles, de chaussures, de robots, de drones, de munitions, de fusils d’assaut, de treillis de qualité. Ce choix stratégique doit être imposé par le Parlement aux groupes du complexe militaro-industriel. La France a besoin de capacité opérationnelle. Pour retrouver une réelle capacité de projection, l’armée a besoin de transporteurs blindés, d’un deuxième voire d’un troisième porte-avions, d’hélicoptères et d’un deuxième groupe aéronaval. Elle a besoin de blindés sur roues, de matériel chirurgical.
A court terme, bien sûr, tout cela est cher. Mais le prix de l’indépendance est bien inférieur au coût du déclin.Nous, jeunes officiers du mouvement Marc Bloch, inquiets des gaspillages et des coupes budgétaires commis au détriment de la capacité opérationnelle, n’avons pas la prétention de tout savoir ni de tout bouleverser, car c’est au peuple de le décider.Cinq mesures peuvent lancer le signal d’un redressement qui pourra préserver la place de la France dans le monde, ses intérêts et ses valeurs universelles.1. Augmentation significative du budget de la Défense. Financement d’équipements individuels tactiques efficients.

2. Suppression de la 2e section.

3. Création d’une commission parlementaire de révision des primes et indemnités des militaires.4. Maintien de tous les postes de militaires du rang et de sous-officiers qui s’apprêtent à être supprimés. Maintien des régiments.5. Diminution du nombre d’officiers.

Les jeunes officiers du mouvement Marc Bloch

Source: FranceTVinfo

Lire également

Info Francetv info : de jeunes officiers dénoncent une gabegie au sein de l’armée

 

3 commentaires suite à cet article :

  1. Certes, je viens de découvrir cette dénonciation. Que risque-t-il d’arriver demain?
    – Une sanction à l’encontre des officiers généraux qui verront disparaitre cette retenue de 10%.
    Cependant, le politique et les hauts fonctionnaires ( en particulier énarques et surtout inspecteurs généraux des finances) ont INTERÊT à conserver cet état de fait de façon à préserver un pré carré qui leur est favorable; en effet, 98% des hauts postes de la Fonction publique sont réservés à ces messieurs. Le reste n’est que le dizième de la partie visible de l’iceberg, quelques rares postes – très rares – au Quai d’Orsay, en Conseil d’Etat – auditeur libre = placardisé en attente – Quelques postes aux aéroports de Paris etc…
    – Les inspecteurs généraux des finances, possèdent avec le budget des armées, une réserve – appelée la variable d’ajustement- dans laquelle il leur est possible de puiser pour satisfaire les demandes électoralistes et démagogiques du politique aux affaires, lorsque des mouvements sociaux se font jour.
    – Un seul poste prestigieux, le Grand Chancelier de la L.H. qui tourne tous les 5 à 10 ans!…
    Et le politique comme le haut fonctionnaire ne veut pas entendre les quelques 30 à 50 ou 60 officiers qui pourraient venir grossir les rangs de la Haute Fonction publique encombrer, gêner ou retarder leurs carrières.
    – Donc ce à quoi nous risquons d’assister, c’est, comme pour le nettoyage d’un vieux tableau, tel qu’il fut réglementé par ce bon LEBRUN, milieu XVII°: on fait fondre les vernis, s’il y a des manques dans la couche picturale, on ajoute une couche de peinture à l’eau – surtout pas à l’huile!..- et on refait une couche de verni par dessus!…Le tour est joué, tout le monde croit que l’affaire a été réglée!…
    – Ils ne veulent à aucun prix changer le système qui leur permet de boire , presque seuls, au tonneau des danaïdes que nous emplissons!… Et puis, moins seront-ils à connaître les bénéfices des divers clubs – comme celui du Siècle qui se réunit toutes les fins de mois au CRILLON et qui désigne, obéissant à Rockfeller and C°, le futur roi des gaulois désigné par les banquiers interlopes -, car moins seront-ils, plus les parts du fromage seront importantes.
    Certes, au passage j’ai dû oublier quelques fromages comme la DGA etc…mais c’est ainsi que cela fonctionna plus ou moins.
    Une enquête de la DPSD/ancienne Sécurité militaire, pour sanctionner le crime de lèse majesté silencieuse et le tour sera joué.
    Bonne chance à notre vieille FRANCE!

    C.L. • 6 mars 2013 à 17 h 13 min
  2. Je lis et je constate que les ficelles sont grosses. Le paragraphe 5 est totalement stupide « en l’état ». Il reflète une méconnaissance totale de la fonction militaire et des avatars qui ont conduit à la situation actuelle. Ces jeunes s’ils s’agit vraiment de lieutenants sont très mal conseillés. 06 47 18 23 03.

    mechain • 7 mars 2013 à 10 h 56 min
  3. … Ou l’art de se tirer une balle dans le pied en croyant œuvrer pour la cause. On croirait lire un communiqué d’un syndicat d’officiers de police. En tant qu’ancien lieutenant je me désolidarise absolument de ces propos tartalacremesque du niveau popote lieut du 213e pousse cailloux. Je croyais les lieuts trop occupés pour commettre ce genre de papelard. La guerre des boutons et des ficelles n’a jamais amenée que plus de coupes budgétaires. ce n’est pas parce qu’on supprimerait des pins en 2e section qu’on aurait plus de VBCI, peut être même le contraire.
    Si je voulais faire voter une loi de dégagement des cadres de l’armée, je commettrai ce genre de tribune.
    Chiche, supprimons la 2e section, mais aussi les retraites chapeau de la préfectorale, de la territoriale dans les DOM-TOM, et les retraites des élus qui n’ont exercé leurs fonctions qu’un seul mandat de 5 ans.
    Le niveau baisserait il? N’est pas centurion qui veut…

    pechou • 8 mars 2013 à 13 h 53 min