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Crimes de guerre allemands : un repentir à géométrie variable ? (Par Jacques BESSY, président de l’Adefdromil)

Article publié le 7 juin 2019

NOTE DE L’ADEFDROMIL: Au moment où nous célébrons le 75e  anniversaire du débarquement, il n’est pas vain de rappeler que quatre jours après-celui-ci, la division Das Reich s’est livrée au plus grand massacre de civils en France. De même, il est affligeant de constater que le nom de MOLINARI (condamné à mort par contumace par […]

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NOTE DE L’ADEFDROMIL: Au moment où nous célébrons le 75e  anniversaire du débarquement, il n’est pas vain de rappeler que quatre jours après-celui-ci, la division Das Reich s’est livrée au plus grand massacre de civils en France. De même, il est affligeant de constater que le nom de MOLINARI (condamné à mort par contumace par un jugement du tribunal militaire de Metz du 13 avril 1951) a été donné à la fondation à vocation éducative de l’armée allemande. La Karl Theodor Molinari Stiftung est partie intégrante de la Bundeswehr Verband, l’association des militaires allemands. Enfin, on apprend aujourd’hui que l’Allemagne continue d’indemniser d’anciens Waffen-SS français!

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642 morts !

Non, ce n’est pas le résultat d’une attaque chimique en Syrie, mais le bilan élogieux de l’armée allemande, des SS de la division « Das Reich », le 10 juin 1944 à Oradour sur Glane dans la Haute Vienne, à une vingtaine de kilomètres de Limoges.

Aucune des victimes n’avait tiré un coup de feu contre les Allemands. Toutes sont mortes innocentes, de par la volonté criminelle de terroriser les populations et peut-être aussi de souder la troupe dans le sang, car l’unité qui a massacré à Oradour comptait un fort contingent d’Alsaciens, dont leurs chefs pouvaient douter de leur fidélité après le débarquement en Normandie.

Pour mémoire : il y a eu des centaines d’Oradour en Biélorussie et dans d’autres pays de l’Europe de l’Est …

Le président allemand, M. Joachim GAUCK, va visiter les ruines d’Oradour sur Glane le 4 septembre 2013 en compagnie de M. François HOLLANDE, Président de la République et se recueillir au Mémorial érigé au cimetière d’Oradour.

C’est la première fois qu’un président allemand entreprend cette démarche sans doute pas de gaîté de cœur pour un Allemand occupant la plus haute fonction du pays voisin, et désormais ami depuis le traité de 1963 entre le chancelier Adenauer et le général de Gaulle.

Nous nous en réjouissons, mais nous nous demandons simultanément si ce repentir ou du moins cette démarche est bien sincère ?

Car, dans le même temps, l’Allemagne a donné le nom d’un criminel de guerre à une fondation à vocation éducative de la nouvelle armée allemande : la Bundeswehr.

Karl Theodor Molinari, général de la Bundeswehr au passé trouble !

En 1944, le major Karl Théodor Molinari commande un élément du 36ème Panzer Regiment.  C’est un jeune officier de 29 ans  dont la grande taille impressionne, il mesure plus de 1.95m,  il porte avec élégance son uniforme noir de tankiste. Son unité est stationnée dans les Ardennes.

Le 12 juin, il reçoit l’ordre de cerner les bois au dessus de Revin, dans lesquels s’est constitué un maquis à l’initiative de Londres.

Le chef du maquis des Manises, le futur général Jacques Pâris de Bollardière, et les militaires les plus aguerris parviennent à s’exfiltrer de nuit. Mais, 106 jeunes sont capturés.

Dans la nuit du 12 au 13 et le 13, avant leur exécution,  les prisonniers, ceux qui n’ont pas été abattus sur-le-champ, sont interrogés dans des conditions épouvantables…

Devant l’église, 30 d’entre eux sont attachés avec des élingues de câbles et des cordes à parachutes. D’autres sont massacrés dans la forêt.  Des prisonniers sont rassemblés dans un jardin privé appartenant à M et Mme Deschamps. Selon les témoins,  un officier de grande  taille, de tenue noire, serait arrivé chez  eux. Les prisonniers avaient les mains liées avec des fils de fer. Il les a fait coucher sur le sol à plat ventre. En même temps il ordonnait fermement à ses soldats de les frapper avec les crosses des fusils. Il s’est mis à sauter à pieds joints sur les hommes entravés, et les soldats firent de même. Le grand officier en tenue noire est revenu trois fois, et sur ses ordres, les soldats continuèrent les sévices jusqu’à que les prisonniers ne soient que de pauvres loques humaines.  Plus tard, ils ont été emmenés dans des camions pour rejoindre d’autres prisonniers…pour en finir. Cinq par cinq, ils ont été abattus, mitraillés dans le dos…

Molinari a été condamné à mort par contumace en 1951 par le tribunal militaire de Metz. Le  nom de Molinari, officier de la Wehrmacht restera donc toujours entaché d’un doute : celui de son implication probable et directe dans l’exécution de 106 jeunes gamins du maquis des Manises et de sa participation aux tortures qui ont précédé l’exécution.

Karl Theodor Molinari a ensuite été recruté par la Bundeswehr en 1956. Il est devenu le premier président de l’association des militaires allemands nouvellement créée, la Bundeswehr Verband. Il a été par la suite nommé général. Mais, il a dû démissionner en 1970 en raison de son passé, après que le gouvernement français s’est manifesté auprès des autorités de la république fédérale d’Allemagne (RFA). Il a reconnu avoir participé à la capture des maquisards, mais a nié avoir été présent lors de leur exécution. L’enquête en Allemagne a été classée rapidement. Karl Theodor Molinari était aussi membre de la CDU.

Il ne s’agit pas de refaire le procès de Karl Theodor Molinari décédé en 1993, condamné à mort par contumace par un jugement du tribunal militaire de Metz du 13 avril 1951.

En 1988, son nom a été donné à la fondation à vocation éducative de l’armée allemande. La Karl Theodor Molinari Stiftung est partie intégrante de la Bundeswehr Verband, l’association des militaires allemands.

En tout état de cause, quels que soient les mérites de Karl Theodor Molinari dans la Bundeswehr, il est choquant, voire insultant pour la mémoire des jeunes fusillés des Ardennes et pour nos compatriotes qu’une fondation à but éducatif de l’armée allemande puisse porter son nom.

Cela est d’autant plus choquant que dans le même temps, nos amis allemands acceptent de venir se recueillir à Oradour sur Glane et même de rouvrir une enquête.

L’amitié franco-allemande, qui fonde la politique de la France en Europe depuis le traité de l’Elysée en 1963 justifie, de notre point de vue, que nos amis allemands fassent un geste de bonne volonté et retire le nom de Molinari à leur fondation.

 2 septembre 2013

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2 commentaires suite à cet article :

  1. On oublie souvent que lors de l’occupation , les soldats de l’armée allemande avaient à faire face à des actions militaires menées par des civils qui peuvent être qualifier d’actions terroristes ,certains préféreront le terme plus politiquement correcte « d’actions de résistance » .

    Je ne pense pas que cet Officier allemand puisse être traîné dans la boue ou du moins pas d’avantage que certains de nos Officiers qui , en Algérie par exemple , contre les terroristes du FLN et leurs alliés communistes ont eux aussi conduit des actions contre-insurrectionnelles avec les mêmes méthodes bien peu glorieuses .

    Le Général Aussaresse , cet ancien résistant parachuté en France occupée durant son plus jeune age , s’est retrouvé , lui aussi , jeter en pâture aux reptiles du marigot politico-médiatique parisien malgré des états de service « exceptionnelles ».

    Lorsque notre pays sera en flamme , complètement ébranlé de l’intérieur par des troubles graves , submergé par des assassinats ciblés et des attentats , je doute que les méthodes d’interrogatoire classiques et le respect des procédures de justice ne suffisent à rétablir la situation .

    C’est bien pour cela que nous devons prendre beaucoup de distance avec des faits qui remontent à 70 ans .

    tartempion • 9 juin 2014 à 11 h 30 min
  2. Tartempion,

    Si je comprends bien, un de vos grands oncles a servi dans la Das Reich et l’autre dans les panzers sous les ordres de Molinari. Puis un de vos cousins était para à la 10ème DP sousles ordres de Massu et consorts (il y a des familles durement éprouvées !), ce qui vous amène à faire des amalgames.

    En tout cas, la France, ni son armée n’ont donné le nom d’Aussaresses ou Massu à une fondation éducative de l’armée française.

    Pour le reste, je suis d’accord avec vous : la guerre et la violence exaltent souvent ce qu’il y a de pire dans l’homme.

    Moulin • 7 juin 2019 à 10 h 07 min