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Grenelle sur les violences conjugales : Marlène Schiappa est « complètement à côté de la question », selon l’ex-procureur Luc Frémiot

Article publié le 9 août 2019

Luc Frémiot, ancien procureur de la République de Douai qualifie de « grande fête aux associations » le Grenelle sur les violences conjugales voulu par Marlène Schiappa en septembre. Marlène Schiappa, secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, est « complètement à côté de la question » avec son Grenelle organisé en septembre, a estimé Luc Frémiot, ancien procureur […]

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Luc Frémiot, ancien procureur de la République de Douai qualifie de « grande fête aux associations » le Grenelle sur les violences conjugales voulu par Marlène Schiappa en septembre.

Marlène Schiappa, secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, est « complètement à côté de la question » avec son Grenelle organisé en septembre, a estimé Luc Frémiot, ancien procureur de la République de Douai, sur franceinfo mercredi 7 août. Spécialisé dans la lutte contre les violences conjugales, Luc Frémiot a lancé début juillet avec la comédienne Eva Darlan une pétition exigeant que l’État enquête sur les manquements qui ont conduit à la mort de dizaines de femmes depuis janvier. « On a la solution », affirme Luc Fremiot qui avait également lancé en 2003 à Douai (Nord) un dispositif d’éloignement et de traitement du conjoint violent. « J’ai fait baisser la récidive à 6% en 2003 », assure-t-il. Selon lui, « on ne tire pas les leçons de ce qui se passe ».

franceinfo : Ce Grenelle sur les violences conjugales est une bonne idée ou une table ronde qui ne donnera rien selon vous ?

Luc Frémiot : Quand j’entends Mme Schiappa sur le Grenelle, je me dis qu’elle est condamnée à faire le spectacle en cette période estivale et que, comme d’habitude, elle me paraît complètement à côté de la question. J’entends parler de grande réflexion culturelle, il faut remettre en cause notre culture sur le sujet, on appelle les témoins mais on ferait bien de balayer devant sa porte surtout. Parce qu’on pourrait parler des dysfonctionnements. C’est ça le préalable. Pourquoi les plaintes ne sont pas reçues ? Tout simplement parce que les femmes ne sont pas reçues comme elles devraient l’être dans les commissariats. On ne prend pas les plaintes qu’on devrait prendre. Certains services de police prennent encore des mains courantes. Vous avez encore certains procureurs de la République qui ne traitent pas les plaintes. La question, elle est là. On n’est pas du tout dans la philosophie.

Rien n’a évolué dans ce domaine selon vous ?

Ce n’est pas suffisant ! Bien évidemment, il y a des gens qui font bien leur métier mais moi, je m’occupe des trains qui n’arrivent pas à l’heure. Lorsque je reçois des courriers de ces femmes qui disent qu’on les renvoie chez elle parce qu’elles n’ont pas de certificat médical, alors que ce n’est pas du tout une obligation ; qu’on les conduit à porter une main courante qui n’a aucun intérêt puisqu’il n’y aura pas d’enquête ; quand je sais qu’il y a des parquets qui classent ou qui font des simples rappels à la loi… Il suffit de regarder dans les 85 féminicides qu’on vient de comptabiliser, ils annoncent des dysfonctionnements.

«Dans la pétition que nous avons lancée [début juillet] avec Eva Darlan, on veut savoir pourquoi il y a eu autant de meurtres de femmes, pourquoi les plaintes n’ont pas été suivies d’effet et quelles sont les solutions. Qu’on ne vienne pas, une fois encore, nous agiter devant le nez un Grenelle qui est la grande fête aux associations.»

Luc Frémiot

franceinfo

Source: www.francetvinfo.fr

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