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Retrouver le sens des victoires françaises. Le patriotisme serait-il en berne ? (par Christophe Bizien)

Article publié le 1 décembre 2019

La Malmaison est une bataille oubliée et pourtant importante dans l’histoire de la Première Guerre mondiale. Ce cas est symptomatique de la mémoire française qui insiste toujours sur les défaites et très peu sur les victoires, oubliant ainsi le génie militaire français.

Des événements glorieux disparaissent parfois, et peut-être même trop souvent en France, de la mémoire des Hommes. Ainsi en est-il de la bataille de la Malmaison remportée par les Français dans l’Aisne le 25 octobre 1917 et dont l’anniversaire vient juste d’être célébré. Si le centenaire de la Première Guerre mondiale a donné l’occasion aux Français de redécouvrir ces quatre années de lutte acharnée, c’est pourtant bien l’échec de l’offensive menée par Nivelle au Printemps qui a été mis en avant lors du « cycle remémoratif de 2017 » (sic), braquant une fois de plus les projecteurs sur cette hécatombe, les révoltes qui ont suivi, leur répression et la question de la réhabilitation des mutins, des sujets habituels d’intérêt pour la sphère médiatique.

Une victoire nette pour l’armée française

Ce choix et cette focalisation compulsive ont une fois de plus repoussé un peu dans l’ombre le véritable épilogue des combats menés sur le Chemin des Dames en 1917 : l’offensive réussie en octobre dans le secteur clef du fort de la Malmaison. Des objectifs certes plus limités qu’en avril, et c’était justement à dessein, les chefs militaires français ayant tiré toutes les leçons du revers précédent. Une victoire nette et incontestable cependant (atteinte de tous les objectifs, reprise de la totalité de la crête du Chemin des Dames, 200 canons pris à l’ennemi, 50 000 pertes du côté allemand contre 14 000 du côté français) et qui surtout, après une année très éprouvante, redonna à l’époque confiance et moral aux Poilus. Mais une victoire presque complètement oubliée ou ignorée 100 ans après. Il est vrai que le commandant-en-chef des armées françaises n’était autre que le général Pétain… Frappé d’indignité nationale 30 ans plus tard, le généralissime a emporté dans sa déchéance une partie de ses poilus et leurs faits d’armes. Nous connaissions l’antique « vae victis » ! L’époque contemporaine a engendré le « vae victoribus ». Malheur aux vainqueurs …

D’une façon générale, les Français se souviennent facilement de leurs défaites. Il est permis d’espérer qu’ils retrouvent un jour le goût et le souvenir de leurs victoires.

La guerre de Cent Ans, période structurante de notre histoire au cours de laquelle seraient nées, en réaction à l’occupation anglaise, les prémices d’un sentiment national français, n’évoque souvent dans la mémoire de nos compatriotes que des noms de défaites : L’Écluse, Crécy, Azincourt, Poitiers … Une succession de revers incontestables, mais…

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