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Communes rurales cherchent médecins militaires … désespérément

Article publié le 6 décembre 2003

A l’exception notable des couloirs des directions et sous directions du Service de Santé des Armées, il devient difficile de trouver un médecin généraliste militaire disponible. Cette déliquescence semble même s’être aggravée au retour des dernières vacances d’été, sans qu’il soit possible d’imputer la chose à la canicule. De ce fait, la chasse au certificat […]

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A l’exception notable des couloirs des directions et sous directions du
Service de Santé des Armées, il devient difficile de
trouver un médecin généraliste militaire disponible.
Cette déliquescence semble même s’être aggravée
au retour des dernières vacances d’été, sans qu’il
soit possible d’imputer la chose à la canicule.

De ce fait, la chasse au certificat médico-militaire (datant de
moins d’un mois et en quatre exemplaires) devient-elle plus ardue et
faite surtout de patience, à l’affût, au sein de centres qui
n’auront bientôt plus de médical que le nom. Car, pour les
rares exemplaires encore actifs d’une espèce en voie de
disparition, l’heure de la retraite est invariablement pour
bientôt, quand elle n’a pas déjà sonné.

N’importe quel organisme public, ou entreprise privée
s’inquiéterait des motifs d’une telle débandade, pour,
accessoirement, envisager d’y remédier. Pourtant, la
sérénité qu’affecte la DCSSA, bien isolée du
monde extérieur par ses moquettes épaisses et cramoisies ne
lasse pas de surprendre. D’aucuns soupçonnent, goguenards, qu’une
introspection de cette nature mettrait cruellement en évidence les
carences en matière de gestion des ressources humaines de ces dix
dernières années. Peut-on, sans impertinence, attendre une
telle auto flagellation, quand l’ancien sous-directeur « RH » se retrouve
à la direction générale de l’appareil (à la
suite du limogeage de son prédécesseur), et que son chef du
bureau officiers de l’époque coule à présent des
jours heureux et étoilés dans une direction africaine
réputée pour la hauteur de ses rémunérations
?

Soyons honnêtes, des carrières aussi exemplaires ne peuvent,
à l’évidence, récompenser l’échec ou
l’incompétence. Il faudra donc se convaincre avec force que la
fuite des techniciens de la santé militaire tire l’essentiel de
son origine dans l’attractivité irrépressible du monde
extérieur.

Pour tout militaire, détenteur d’une profession éminemment
reconvertible, les velléités de départ naissent
d’une alchimie concernant deux ingrédients classiques. Le premier
est l’absence de perspective d’évolution favorable au sein de
l’institution, réelle ou par manque de visibilité à
moyen terme. Le second est le nombre et la répétition des
opportunités offertes par le monde civil, si possible dans la rue
d’à côté.

Par les temps qui courent, force est de constater qu’en matière
médicale et para médicale, ces deux conditions là
sont plus que jamais réunies.

L’absence de perspective interne, a longtemps
préoccupé la plupart des médecins militaires qui
atteignent ou dépassent aujourd’hui les 25 années de
service. L’avancement de ces dernières promotions a connu une
léthargie considérable, au motif éculé du
sureffectif des années 90. Dans de telles circonstances, nombre de
praticiens ont forgé la conviction d’une carrière courte,
et ce projet mijoté a peu de chance d’être infléchi,
même par des propositions de prébendes qu’au demeurant,
personne ne songe à leur proposer.

De surcroît, ces mêmes promotions ont vécu la
disparition des médecins aspirants, et se sont vus
rétrocéder la plupart de leurs corvées avec
l’inénarrable consigne de « faire pour le mieux ». De
« mutualisation » en « sectorisation », les médecins résiduels
ont hérité de vastes territoires d’activité,
couvrant une multitude d’unité sans médecin, tout en
conservant une chance non négligeable de partir sur coup de
sifflet bref en mission extérieure. Au sein de regroupements de
plus en plus larges, ils entretiennent leur place d’adjoint à vie,
sans possibilité d’accéder au poste, présumé
extatique, de médecin chef. Ils y pratiquent de moins en moins de
soins au profit d’une foultitude de papiers inutiles (et en quatre
exemplaires) qu’aucun « expert » informaticien du SSA n’est encore parvenu
à informatiser. L’arlésienne du SISMU (système
d’informatisation de médecine d’unité) promis depuis 15 ans
et abandonné en début d’année, constitue un bon
exemple de récurrence dans l’incurie. Encore que, là aussi,
ses concepteurs aient atteint les plus hauts grades.

L’appel de l’extérieur est de plus en plus puissant, car la
pénurie des généralistes est une donnée
fondamentale, longtemps niée par une Direction Centrale
« autruchienne ». Dans un premier temps limitée à des
régions évidemment peu attractives, cette carence s’est
étendue à des régions franchement sympathiques.

Un récent rapport gouvernemental expose bien les données du
problème, tout comme les solutions envisagées. Au titre de
ces dernières, une facilitation sans précédent
à l’installation des médecins en régions
sinistrées pourrait grandement intéresser les
médecins militaires sur le départ (http://www.sante.gouv.fr/htm/actu/descours2/sommaire.htm),
voire même déjà partis. Au toutes dernières
nouvelles, les conseils généraux planchent sur une forte
incitation financière (genre prime d’engagement) à
implanter des généralistes dans leurs campagnes.

Pour les y aider, une association dynamique, le Secrétariat
d’Information des Collectivités Locales et Régionale

(SICLER), et qui se définit elle-même comme « chasseur
de têtes des maires ruraux » vient de se donner pour mission
d’attirer, de séduire et de faciliter l’installation des
médecins libéraux là où la demande est la
plus pressante.

Son directeur, Xavier de PENFENTENYO (un nom bien connu des marins)
possède une longue pratique de la réimplantation de
professions libérales au sein des communes rurales, et met
désormais cette expérience au service d’une
véritable politique de recherche, d’accueil, d’intégration,
de médecins généralistes et de personnel
santé.

L’association est joignable par e-mail à, sicler@wanadoo.fr, par
téléphone au 02 47 51 14 91, par fax au 02 47 42
58 83
.

Elle croule actuellement sous les demandes de municipalités qui
n’hésitent plus à placer des petites annonces directement
dans les périodiques ou sur les sites médicaux suivants :

http://www.annonces-medicales.com/anncatlist.phtml?c=33,
http://www.quotimed.com/annonces/index.cfm?&Random=65835&cfid=458359&cftoken=81484532,
http://www.caducee.net/Communaute/Annonces/DisplayRubrique.asp?idr=5,
http://www.optioncarriere.com/dir/sante.html.

La demande médicale et para médicale est en passe de
devenir prioritaire. Beaucoup de praticiens généralistes
d’âge respectable ne trouvent pas de remplaçant et ferment
purement et simplement leur cabinet après avoir vainement tenter
de le céder quasi gratuitement. Cette situation est d’autant plus
préjudiciable que, ces dernières années, on assiste
à un repeuplement des campagnes. Le nombre des habitants augmente
et la population y rajeunit. Le rapport cité supra indique
même, pour les médecins ruraux et semi ruraux, une
rémunération supérieure à celle de leurs
confrères urbains.

Le SICLER a parfaitement saisi tout l’intérêt du
gisement que représentent les médecins militaires ayant
acquis le droit de quitter l’institution avec le bénéfice
d’une retraite, certes modique au regard des revenus potentiels de la
médecine libérale, mais de nature à assurer
l’essentiel.

Puisque, bien souvent, la décision du départ est
déjà fermement prise, autant transfuser ces techniciens
encore jeunes vers les régions anémiées, au
bénéfice bien compris des deux parties contractantes. Et
surtout aider les candidats à régler les démarches
administratives qui ne doivent plus être considérées
comme rédhibitoires. A titre d’exemple, un médecin d’une
unité parisienne a quitté le service en répondant
à une petite annonce du Quotidien du Médecin (plusieurs
dizaines par semaine) en date du 13 août dernier pour commencer
à travailler le 8 septembre suivant. L’inscription à
l’Ordre des médecins devient une formalité quand la
situation des patients l’exige.

Le SICLER vient d’ailleurs de conclure une sorte de joint-venture
avec le Syndicat Professionnel des Anciens Médecins des
Armées (SAMA : Tél. : 01 45 51 52 70, gomedclp@club-internet.fr)
présidé par le dynamique Dr Bernard LEFEVRE, et avec la
bénédiction de la DCSSA pour qui la reconversion reste
avant tout synonyme de rajeunissement des effectifs.

En dehors des opportunités multiples d’installation
libérale, la formidable évolution des maisons de retraite
médicalisée nécessite un apport constant de
médecins généralistes à orientation
gériatrique, spécialité d’avenir dont l’acquisition
ne présente pas de réelles difficultés.

Devant la faiblesse de l’offre et l’ampleur de la demande, les
médecins sont intégrés avec la simple obligation de
suivre une formation dans les trois années suivant la conclusion
du CDI.

Enfin, une autre spécialité très demandeuse est
ouverte aux anciens médecins militaires au regard de leur mission
traditionnelle de prévention au sein des armées, celle de
médecine du travail. Sur simple étude de dossier, et
conformément à des textes récents,
l’équivalence par validation des acquis peut être facilement
assurée, tout comme le reclassement dans la région
désirée, tant les besoins dont infinis.

Tout à sa modestie habituelle, le praticien
généraliste du SSA, comme bien des militaires, sous-estime
généralement les qualités qu’il a mises au service
d’une armée parfois indifférente, et pendant de longues
années. Elles sont pourtant inestimables et parfaitement reconnues
dans un monde qui glisse de plus en plus vers l’individualisme
forcené.

Qui sait, le soldat d’aujourd’hui est invité à aller se
faire soigner à l’extérieur des casernes. Il est de moins
en moins inimaginable qu’il puisse y retrouver son toubib militaire
« civilisé ».

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