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« Le Social » dans « Une Force Humaine »

Article publié le 26 octobre 2004

Qui d’entre nous ne s’est pas retrouvé confronté, au cours de sa carrière, directement ou indirectement, à une situation où la hiérarchie, au lieu de prendre en compte une situation personnelle et d’en faire ressortir le caractère humain, s’est retranchée derrière des textes qui dans beaucoup de cas ne devraient être qu’un guide pour aboutir […]

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Qui d’entre nous ne s’est pas retrouvé confronté, au cours de sa carrière, directement ou indirectement, à une situation où la hiérarchie, au lieu de prendre en compte une situation personnelle et d’en faire ressortir le caractère humain, s’est retranchée derrière des textes qui dans beaucoup de cas ne devraient être qu’un guide pour aboutir à une solution équitable et respectueuse des conditions de vie.

Il est une circulaire qui de prime abord se voudrait être un texte de référence pour mettre en avant le social dans les règles qui régissent la vie en caserne pour le militaire « et sa famille ». Cette circulaire concerne l’attribution des logements. En effet, à première vue celle-ci paraît privilégier la situation familiale de chaque militaire puisqu’elle permet à un simple Gendarme, par le biais de « ses charges de famille », de prétendre à l’attribution d’un logement adapté à celles-ci lors d’une mise en compétition, privilégiant ainsi le social par rapport au grade et à l’ancienneté.

Toutefois, cette partie de la circulaire cache d’autres points qui ont, eux, plus un caractère anti-social ou discriminatoire, provoquant ainsi des situations injustes et créant du même coup des tensions au sein d’une unité. Hors, la particularité de cohabiter et travailler 24/24h 365/365 jours, étant déjà dure à gérer individuellement, il n’est pas besoin d’y ajouter des motifs de mésentente qui pourraient être évitésen faisant preuve d’un tant soit peu d’intelligence, de réflexion et de compréhension, privilégiant ainsi le côté humain. C’est vrai qu’il est plus facile de se retrancher derrière un texte. Mais faire l’effort d’allier « La lettre et l’esprit », faire preuve d’ouverture, de dialogue et de sociabilité, n’est-ce pas plus honorable et enrichissant ? La solution de facilité n’est pas toujours la meilleure !…

Quand je parle de points à caractère anti-social ou discriminatoire, je cite notamment et non exhaustivement :

la différence entre le concubinage et le mariage (10 points) : au jour d’aujourd’hui où le mariage n’est plus une situation familiale largement majoritaire notamment par le biais des familles recomposées, ce point soulève une discrimination sociale sur un choix personnel de vie. « Un bon Gendarme est un Gendarme marié ». le fait qu’un militaire divorcé se voit attribuer 5 points forfaitaires pour son ou ses enfants, non à charge fiscalement (qu’il soit père de 1, 2, 3 ou même 10 enfants), l’exposant ainsi au risque de se retrouver dans un logement trop petit pour les accueillir au détriment des enfants. « Un bon Gendarme ne divorce pas ». le fait d’obliger un Gendarme, ayant opté pour le célibat géographique afin de privilégier une vie sereine pour sa famille ou d’accéder plus facilement à la propriété, à prendre un logement en tenant compte de ses charges de famille. « Un bon Gendarme vie avec sa famille dans la caserne ».

Pourtant, force est de constater qu’au jour d’aujourd’hui, le Gendarme endosse de plus en plus souvent l’habit d’assistant social au cours de ses nombreuses interventions. Souvent, il est contraint de prendre en compte et d’analyser des situations, afin d’aider les personnes en difficulté à trouver des solutions, socialement et humainement adaptées à leur situation.

Il est facile pour la hiérarchie de demander à un Gendarme de mettre en avant des qualités humaines et sociales au service de la population. Il est plus difficile pour cette même hiérarchie d’appliquer une règle identique lorsqu’il s’agit de traiter le problème d’un de ses gendarmes. C’est vrai, me direz-vous, que nous avons des services sociaux. Mais, il faut bien le reconnaître, la plupart d’entre eux sont asservis à la hiérarchie au point que nombre d’entre eux n’ont pas toujours la possibilité de s’exprimer. De là à ce que leurs avis soient pris en compte en toute circonstances !…

Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse à toi-même. Donner de sa personne, c’est bien, mais cela se ferait d’autant plus facilement si l’on avait l’assurance de trouver un comportement identique en cas de besoin. Ce n’est pas grand chose que de se mettre à la portée des autres mais ça aide beaucoup.

Dans l’application d’un texte, il y a l’esprit et la lettre. Il faudrait parfois faire preuve d’intelligence en laissant de côté la lettre pour n’en retenir que l’esprit, surtout si cela va dans le sens du respect des droits et libertés de chaque individu.

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